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young and beautiful (+CARMEN)

MessageSujet: young and beautiful (+CARMEN) Mar 30 Avr - 18:23


❝YOUNG AND BEAUTIFUL
Le silence et la solitude.
Assise dans cette classe vide, abandonnée après une journée de cours trop longue, une journée de cours sans intérêt, peut-être, Marloes rêvassait.
Elle n’avait rien à faire ici, mais elle s’en fichait. Elle n’en avait rien à faire non plus de ce qu’on pourrait bien lui dire. Elle était bien, ici. Parce qu’il n’y avait personne. Aucun de ses imbéciles sans dignité, cette vermine qui lui donnait la nausée.

Elle n’aimait pas les gens.

Marloes n’avait jamais compris pourquoi.
Mais Marloes haïssait le gens, du plus profond de ses tripes.
Alors, loin d’avoir envie du perdre du temps à comprendre, elle avait tout simplement continué à les haïr. Parce que c’était plus simple, moins compliqué. Peut-être moins douloureux aussi. Dans tous les cas, ça lui convenait très bien ainsi. Elle ne comprenait pas cette satisfaction qu’on pouvait ressentir à être gentil, agréable. Elle se pensait heureuse, comme ça. Parce qu’au fond, elle ne savait pas trop ce que ça voulait dire, ce que ça impliquait, d’être heureuse. Elle n’avait pas envie de pleurer, pas envie de toute abandonner. La jalousie était absente, aussi. Juste. Une profonde lassitude, un désintérêt général. Tout simplement. Rien de plus et voilà.

Alors, elle était dans cette classe désertée. Aussi vide que sa poitrine. Pas de sentiment. Juste une pensée. Elle avait la paix. C’était satisfaisant. Pourquoi est-ce qu’elle était là ? Une broutille oubliée dans cette foutue classe. Quelque chose de pas si important dont elle avait besoin malgré tout. C’était illogique. C’était Marloes.

Dehors il faisait encore jour.
Ce putain de soleil qui lui donnait mal aux yeux.
Elle était un peu fatiguée, en fait. Mais quitter cette pièce vide, ce serait retourner au bruit, retourner parmi les sauvages. Non, elle était trop bien pour ça, elle était bien mieux. Toute seule, là. Enfermée dans son mutisme issu d’une fierté exacerbé, d’un sentiment de supériorité qui n’avait pas lieu d’exister, et pourtant, qu’elle nourrissait, comme une idiote.

Mais au fond, Marloes n’était rien d’autre qu’une petite conne.
Une petite conne qui n’en avait rien à faire de l’être, qui ne le voyait pas.
Une petite conne qui préférait rester là, fixant son reflet dans la fenêtre couverte de traces de doigts. Et qui ne trouva rien de mieux à faire que chanter, parce que c’était la seule chose qu’elle faisait de bien de son plein gré. Mais qu’elle ne partageait pas parce qu’elle était égoïste. C’était toujours mieux de toute garder pour soi. Les autres ne valaient rien, les autres étaient des chiens.
Tout pour elle et rien pour eux.

Mais c’était une petite conne. Qui ne valait pas mieux qu’eux.
MessageSujet: Re: young and beautiful (+CARMEN) Mer 1 Mai - 12:39



MONEY IS THE ANTHEM OF SUCCESS

Ce fut soudain, comme un doute ; était-ce un rire ou un coup brusque qui avait fait sursauter ainsi sa cage thoracique ? Était-ce l'éclat d'un amusement, la brutalité d'une surprise ou la crainte d'une douleur ? Probablement un peu de tout – probablement un peu de rien. Mais ce fut, soudain, sur le visage de Carmen, deux grands yeux d'or rond comme deux pièces monnaie.

Ça n'avait pas échappé à son œil fin – ni même au creux de son oreille qui s'était agitée, curieuse. Ça n'avait pas échappé à sa bouche étonnée qui s'était entrouverte subrepticement, ni à l'air chaud de sa poitrine qui glissait entre ses lèvres dans un mince filet discret. Il y avait quelque chose de grand qui allait se produire, ici et là, entre cette salle, cette femme, elle.
Il y avait quelque chose de grand dans cette voix.

Elle n'avait vu que ce dos – ce grand dos comme elle en avait connu certains, comme elle en avait oublié beaucoup. Les épaules qui se soulèvent, la colonne légèrement renfoncée, le dos qui se tient droit mais elle imagine la poitrine qui se gonfle sous l'effet de l'air. Elle penche un peu la tête là, contre son mur, elle essaie de voir ou d'apercevoir un détail, un signe de ce qui va se précipiter sur elle après ces rires et ces félicitations – mais, tout est obstrué par ce dos. Pourtant, elle aurait juré de voir la chair trembler.
Les claquements sur le parquet de ses hauts talons, allons Carmen, tu es si curieuse.

▬ Ah, miss Lisbon. Quelle délicieuse voix vous avez là... Pourquoi ne pas la faire partagée ?
Alors, Carmen s'éparpilla encore dans un grand rire de joie qu'elle lui jeta en pleine face. Plein de sa gaieté, animé de son ravissement, elle s'échappa de ce corps bien proche avec toute son agilité. Elle glissa, juste là, sans la pousser, en l'effleurant, son épaule de la sienne. Puis, d'un pas léger, elle bondit presque sur le trône, bureau du professeur, où elle s'assit en passant une jambe pas dessus l'autre.
Un rire, encore, coule sur la neige.


MessageSujet: Re: young and beautiful (+CARMEN) Mer 1 Mai - 14:52


❝YOUNG AND BEAUTIFUL
Il eut un bruit de pas.
Marloes sursauta, sa voix mourant sur l’instant.
Un regard jeté en arrière, vers la silhouette intruse. Il y avait à présent trop de bruit, la voix ne pouvait plus se faire entendre. Gardée jalousement au creux de sa poitrine. Pas question de lui donner le droit de l’entendre, ça non ! Ni à elle, ni à eux. Personne, et tant pis pour l’égoïsme. Cela faisait des années déjà qu’il l’étouffait, elle pouvait le supporter, sans le moindre mal. Au moins encore un peu. Et ne pas penser à la rupture, ne pas penser au moment où elle ne pourrait plus avancer.

Alors, il y avait ces talons qui frappaient le sol.
Trop bruyamment, trop fort, aussi.
Il y avait ces talons qui la dérangeait, tout comme ne voulait voir la femme qu’ils portaient. Difficile de la manquer, difficile de l’oublier. Si simple de la reconnaître, la belle Carmen. Ce serait un bien gros mensonge que d’affirmer le contraire, mais une fois n’était pas coutume. Elle s’en remettrait. Mais qu’importe sa beauté ou sa prestance, elle ne voulait pas d’elle. La tranquillité était brisée, le calme écrasé par ses talons trop bruyants.

Ses mots l’effleurent, et un masque de froideur coule sur son visage. Elle en aurait presque froncé le nez, accentué un peu plus son dégoût. Mais au lieu de ça, piégée par la surprise et cet embarras avec lequel elle ne sait pas quoi faire, Marloes se tait. Elle la fixe, elle voudrait prendre ses jambes à son cou. Oh oui, elle lui donnait juste envie de s’en aller. Sauf qu’elle ne pouvait pas. Impensable, voyons. Elle devait faire la fière, toujours. Rester bien droite, affronter sa majesté posée sur son trône.

« Je n’aime pas. Le concept du partage. »

Sourire toujours aussi pincé, masque désagréable. Elle la fixe, guette ses mouvements, le battement de ses cils. Elle n’aime pas cette effusion de joie qui la porte, ce rire qui lui donne mal au ventre. Arrêtez. Elle voudrait bien lui dire de cesser, de partir. Son corps est raide, sa poitrine se soulève le moins possible. C’est presque douloureux, tant d’immobilité. Marloes ne sait pas quoi faire de la gêne, de l’embarras. Ca la rend malade et lui fait tourner la tête. Elle se met sur la défensive.

« Je ne pensais pas croiser quelqu'un. Vous avez encore des cours à donner ? »

La question est stupide. Et pas un merci. Parce qu’elle ne va pas la remercier pour quelque chose qu’elle sait déjà.

Sa main agite légèrement la crinière blonde.
Elle replace presque maladroitement une mèche derrière son oreille.
MessageSujet: Re: young and beautiful (+CARMEN) Ven 3 Mai - 11:39




Ça arriva comme une claque froide et dure. L’expression que Carmen avait découverte sur son visage l'arrêta dans son élan de sympathie. De curiosité. Net, en face de la jeune fille. Toute émotion partit de son faciès, le semblant de surprise qui avait pu exister s'envola aussi rapidement qu'elle était arrivée et toute intensité disparut de ses yeux. Son regard restait fixé sur le coin de l’œil de sa complice, plus rien autour ne comptait. Elle ne voyait même pas son regard alerte accroché aux yeux de la bègue. Etait-elle entrée dans un état à la limite de la paralysie. Si elle était là aujourd'hui, c'était pour que Marloes prenne exemple sur elle, qu'elle suive ses pas pour devenir forte. Qu'elle suive ses pas pour qu'elle assume cette voix enviable. Elle ne faisait pas tous ces efforts pour rien ! Elle aurait pu le faire à maintes reprises, les possibilités ne manquaient pas, depuis peu tout son monde s'écroulait.


La brune n'écouta pas les paroles de l'adolescente, elle savait seulement que la blonde avait prononcé quelques paroles. Instinctivement, telle une sœur, Carmen enlaça Marloes. Ses bras entourèrent la taille de la blonde et sa tête s'appuya contre son torse. Même la brune ne comprenait pas son geste, ce mouvement n'était pas arrivé jusqu'au cerveau. C'était son corps qui avait parlé, il avait besoin de donner de l'amour. Personne ne sait combien de temps ils sont restés ainsi, peut-être une minute, peut-être une éternité. Carmen avait fermé les yeux, elle se sentait bien dans les bras de sa protégé, se sentait en sécurité, bercée par les battements de son cœur. Mais elle pouvait aussi sentir la tristesse qui avait envahi Marloes. Alors elle ferma les yeux, espérant que ce geste stupide et inutile fasse disparaitre la douleur et la tristesse qui pouvait habiter les deux femmes. De toute façon elle ne pouvait faire qu'espérer. Pour l'instant, elle n'était capable que de ça. Alors elle s'accrochait. Elle s’accrochait à tout ce à quoi elle tenait.

Mais... Carmen savait qu'un simple geste de soutien n'allait pas arranger les choses. Si ça avait pu aider Marloes à la rendre plus joyeuse elle l'aurait fait depuis longtemps. Elle rouvrit les yeux, presque las. Le jeune femme aurait pu rester ainsi pendant une éternité, mais malheureusement elle n'en avait pas le droit ni le temps. Les cauchemars des uns et des autres se réalisaient bien trop rapidement. Elle devait réagir et faire naitre l'espoir d'un monde meilleur même dans les cœurs les plus emprunts aux méandres des ténèbres.

▬ C'est bien. Tu parles bien aujourd'hui.

Carmen était si habituée à une Marloes sur la défensive.
Tout simplement, elle avait prononcé ces mots sans même vouloir recevoir une réponse. Elle voulait juste que cette phrase rassure son destinataire.

▬ Sinon, nop, j'ai seulement un cours à donner dans deux heures.

MessageSujet: Re: young and beautiful (+CARMEN) Ven 3 Mai - 21:21



❝YOUNG AND BEAUTIFUL
Il y eut ses mots.
Puis un silence presque étouffant.
Mais tout cela s’effaça lorsque la professeur, cette intruse indésirable, ne fasse un geste qu’elle n’aurait pas dut. Jamais Marloes n’aurait pu prévenir une telle chose, vraiment. Tout ce qu’elle comprit c’était qu’elle venait de l’enlacer, comme ça. Sans prévenir, et surtout, sans raison ! Il ne lui fallut pas plus d’information pour se figer un peu plus qu’elle ne l’était déjà. Et pire encore, elle eut l’impression que même son souffle avait cessé d’exister, alors que cette femme était là, ses bras l’empêchant de prendre la fuite, sa tête sur cette poitrine qui ne se soulevait même plus.

Marloes détestait les contacts physiques.
Que ce soit avec un homme ou une femme, même aussi belle que Carmen, bien qu’elle n’ait aucune attirance pour la gente féminine. C’était inacceptable, inimaginable. Elle ne put donc ignorer cette sensation de dégoût qui lui sauta à la gorge, cette horreur soudaine qui lui fit serrer les poings. Suffisamment pour abimer ses paumes de ses ongles, sans pourtant se blesser, bien heureusement.

Que faire ? Que dire ? La blonde n’en avait fichtrement aucune idée. Elle restait là, paralysée, son cœur s’agitant finalement quelque peu, alors que ses joues s’empourpraient. Non pas de gêne, quoi que cette dernière était toujours présente, mais plutôt d’indignement. Oui, Marloes était profondément indignée que cette femme, tout professeur qu’elle était, ait osé faire un geste aussi déplacé envers sa personne. Même sa propre mère, cette créature dégoutante et sans honneur, n’avait pas la permission de le faire. Alors, une inconnue !

Seulement, elle ne bougeait pas.
Elle n’y arrivait tout simplement pas, étouffée par sa colère soudaine te la surprise qui la rendait muette. Puis un soupire la quitta. Profondément agacé, et elle s’en voulut sur le champ. Depuis quand laissait-elle filtrer ce genre de choses ? Oh, cette femme. Carmen était dangereuse, tout à coup. Faisait-elle exprès ? Désirait-elle la faire tomber, la faire céder ? Elle devait manigancer quelque chose, forcément !

La demoiselle ne releva pas la remarque. Elle parlait toujours bien. Simplement, elle n’offrait pas ce privilège à n’importe qui. Il ne fallait pas trop rêver non plus. Elle déglutit, pour ensuite souffler, d’un ton presque tremblant, sur le point de se briser :

« Pourriez-vous. Ne pas recommencer ce genre de geste. S’il vous plaît ? »

Surement que cela lui ferait de la peine.
Marloes n’en avait que faire de la peine des autres, voyons.

« Si vous pouviez éviter de parler de tout cela à qui que ce soit, je vous en serais très. Reconnaissante. »

C’était un mensonge.
C’était la pure vérité, pourtant.
Elle refusait qu’on sache. Tout ça. Que ce soit sa voix, son attitude. Cette façon de se figer, ou tout ce qu’elle aurait pu remarquer d’autre.

Elle n’aurait pas du être là, de toute façon. Elle n’aurait pas dû, vraiment pas. Marloes n’aimait pas Carmen, c’était définitif. Aussi belle et charismatique pouvait-elle être, elle devait s’en méfier, maintenant. Peut-être utiliserait-elle cela contre elle.

Et tout son corps, encore, semblait effrayé de ce contact, frémissant, presque tremblant. Tendu par instants.
MessageSujet: Re: young and beautiful (+CARMEN) Sam 4 Mai - 11:56




Carmen aurait tout donné pour qu’elle se taise – elle aurait tout donné pour n’avoir jamais dit ça. Ah, c’était qu’elle était comme un fruit pourri, à l’intérieur, qu’elle n’avait jamais aspiré au bonheur de Marloes comme une passionnée et amoureuse transit se vêtant de normalité l’aurait banalement fait. Sans couver comme véritable envie profonde de détruire sa vie jusqu’à ramasser les débris de son âme sur le parquet scintillant de la salle du trône, elle n’avait aspiré qu’à la manger toute entière : sa vie. Qu’elle fût belle, terne, couverte de tâches de vin ou d’encre, elle n’avait pour seul objectif, du haut de son existence déchu, d’obtenir tout chez elle. De vampiriser sa joie, ses compétences. Sa vie. Embrasser ses peines, torturer ses espoirs, caresser tous ses désirs. Ce n’était pas de tout détruire, ce qui la passionnait tant et avec une telle fureur, mais c’était bien tout avoir. Si le résultat final était une disparition totale de son être, évanoui comme les cendres d’une vie passée, alors elle l’accepterait comme cela – si le phénix qui en renaîtrait lui appartiendrait corps et âme.
Ce n’était pas pour autant qu’elle avait espéré son malheur.

Marloes était sa pathétique élève aux manières trop frigides, aux espérances trop connes. Elle était ce bout de nuage qui se frottait trop au soleil, quitte à fondre et couler contre son contact. C’était cette idiote qui avait commis, pour seule et plus grande erreur. C’était cette naïve qui, malgré la douleur de la brûlure, tendait toujours sa main vers la flamme. Qu’elle reste à ses côtés jusqu’à ce que Carmen lui arrache son dernier souffle était bien sa seule et sa plus profonde envie. Qu’elle perde son âme ; avoir deviné depuis toujours qu’elle la perdrait forcément une seconde fois n’étira chez la femme aucun bâton de fierté. La honte aurait pu piquer contre son cœur si seulement son envie continuelle n’ébouillantait pas déjà ses veines.

▬ Ce qui se dit ici, restera ici.

Cette réponse elle avait dit la connaître, et ce dès le départ.
Et ce fut à cet instant, peut-être, qu’elle se demanda comment elle avait fait pour tomber du bon côté –et pourquoi Marloes avait dû chuter de l'autre pour trouver un semblant de liberté.

▬ Quoiqu'il en soit… Tu as débuté le chant à quel âge ? Et pourquoi tu ne souhaites pas partager ton don ? Et puis, dans le fond... C'est quoi ton problème ?

Oui, c'est quoi ton problème ? Pourquoi tu es si frigide. Si taciturne. Si toi.
Cette jalousie-là, cachée entre ses côtes depuis le premier instant l’avait poursuivi jusqu’ici, alors qu’elle parcourait son corps de ses mains joueuses en s’amusant de sa soumission, dans le théâtre de marionnettes. Alors qu’elle aurait aimé être à sa place pour cette fois et pouvoir cacher tout aussi facilement ce qui la tuait de l’intérieur.


MessageSujet: Re: young and beautiful (+CARMEN) Dim 5 Mai - 3:29


❝YOUNG AND BEAUTIFUL
Elle n’était pas grand-chose.
Elle n’était rien, si ce n’était une idiote.
”I hope she’ll be a fool—that’s the best thing a girl can be in this world, a beautiful little fool.” comme c’était si bien décrit dans son livre favori. Que pouvait-elle être d’autre qu’une créature sans but et sans inspiration. Une idiote se laissant porter par le luxe, la richesse et tout ce qui en découlait. Trop belle pour être honnête. Trop idiote pour être intéressante. La vérité mensongère était ce qui pouvait la convaincre le plus efficacement, sans faillir. Elle se gavait elle-même de mensonges scintillants, de convictions erronés, pour oublier ce que la vie était vraiment.

Un ramassis de pourriture et de vices, d’inutilité la plus parfaite. Sans valeur et sans intérêt. Sans qu’elle ne puisse faire quoi que ce soit pour y remédier. Juste. Se laisser aller, agir comme on l’attendait de sa part. Parfaite sale gosse de riches sans respect ni modestie. Petite princesse trop gâtée, trop capricieuse. C’était ce qu’elle était, après tout. Oh non, ce n’était pas vrai. Elle n’avait rien d’une princesse, juste une imbécile qui tomberait de bien haut le jour venu.

Pourtant, elle réussit à croire ce la femme venait de lui dire.
Démon trop beau, trop charmant pour être cru, pourtant. Elle n’inspirait pas la confiance voulue, Carmen. Pas chez Marloes. Ah non, c’était impossible. Pourquoi faire confiance alors qu’un coup de couteau dans le dos vous attend à chaque coin de couloir ? Non. Impensable qu’elle soit apaisée par elle. Il n’y avait rien à adoucir, rien à alléger. Juste la regarder couler, un peu plus, un peu plus profondément.

Des questions.
Déplacées, si inconvenantes.
Elle sentait ses entrailles se tordre, un peu plus. Bouillir d’une colère qu’elle côtoyait trop souvent, sans jamais la laisser s’échapper. La blonde ne se fâchait pas. Elle ignorait, snobait et méprisait. Dans le silence le plus parfait, si peu de mots nécessaires. Pas besoin de lui accorder trop d‘importance à cette vermine ignoble. Mais il y avait Carmen, dans cette pièce, si proche. Oh, tout son être voudrait en frémir, mais il n’était qu’une statue de marbre. Elle n’arrêtait pas, non ! Et semblait même s’en délecter, diablesse détestable, atroce.

« Aussitôt que j’ai su parler. » Madame, je vous hais. « Ils n’en valent pas la peine. » Madame, vous me dégoûtez. « Je les hais. » Madame, vous méritez de crever en enfer. J'en ai trop dit.

Elle se tendit un peu plus, déglutit. Ca battait trop frt, dans sa poitrine et ses tempes, dans son corps tout entier. Elle aurait voulu la repousser, lui crier d’arrêter, faire quelque chose, bon sang ! Mais elle ne pouvait pas. Impuissant et ridicule. Le pathétique dans toute sa splendeur.

« Pourquoi toutes ces questions ? » Elle souffla, trop fort pour être convaincante. « Lâchez-moi. » Plus fort, plus cinglant aussi.

De quel droit ? De quel droit se permettait-elle cela !

« Cela vous intéresse-t-il vraiment, madame ? » Elle n’aime pas qu’on lui porte de l’intérêt. Si pressant, si étouffant. Elle préfère être admirée de loin, œuvre d’art respirant une mélancolie étouffante. Repoussante.

Elle serra les poings, un peu plus. A s’en blesser les paumes si nécessaire. Mais elle ne devait pas craquer, non. Ce serait être faible, plus encore qu’à l’accoutumer. Une brèche, porte ouverte à la déchéance.
MessageSujet: Re: young and beautiful (+CARMEN) Mar 7 Mai - 12:38




Certaines choses ne peuvent être contrôlées. Et ça, Carmen l'avait bien compris. Même si elle essayait de montrer à chacun la meilleure façon de devenir quelqu'un de « parfait », elle savait au fond d'elle que la décision de l'écouter leur appartenait à eux. Seuls. Marloes faisait partie des gens qui l'écoutaient sans vraiment faire attention à ce qu'elle disait. Elle avait beau tout essayer, la blonde ne faisait pas d'efforts pour essayer de s'améliorer. Mais Marloes, elle la poussait toujours dans des situations à chaque fois de plus en plus difficiles. Des situations où elle devait à chaque fois montrer que oui, elle était parfaite, tout le temps. Même si parfois son caractère parfait n'était pas vraiment en accord avec le fond de sa pensée, Carmen savait faire la différence entre ce qu'elle pensait et ce que les autres devaient voir d'elle. Un des gros défauts de la demoiselle, même si elle ne se l'avouerait jamais, était sa fierté sur dimensionnée. La mettre de côté était ce qu'on pouvait appeler d'effort gargantuesque.

Marloes avait une carrure carrée et sa hauteur était encore plus imposante. Ses cheveux volaient dans la brise, quand elle les voyaient, elle avait toujours l'envie de les toucher, de faire n'importe quoi avec, de les ébouriffer. Elle avait envie de faire un de ces gestes typiquement amicaux, gestes qu'elle n'avait pas l'habitude de faire et qu'elle ne ferait sûrement jamais.

▬ Pourquoi toutes ces questions ?

Dis-lui à quoi tu penses, Carmen. Dis-lui que tu penses à elle, à son corps trop près du tien, à ses mains trop chaudes et à son regard trop inquisiteur. Dis-lui que tu aimes être en sa compagnie même si la communication n'est pas toujours facile. Dis-lui qu'au fond de toi tu n'es pas aussi parfaite que tu le prétends. Dis-lui que depuis le début elle appuie sur une corde qui gêne, qui t'agaces fortement. Dis-lui que tu ne peux pas changer, que tu es ainsi et que tu dois le rester. Que tu dois le rester parce que tu es l'Espoir. Dis-lui que tu la trouves parfaite tel qu'elle est. Parce que tu as peur. Dis-lui que tu as peur, peur de ce qui peut se passer, peur de ne pas réussir ta tâche comme il faut, peur des autres et de leurs regards et que c'est pour ça que tu te forces à montrer une image de femme forte et fière, une image de femme parfaite. Dis-lui tout ça. Dis-lui.

Elle était effrayée. Effrayée de ce qu'elle pouvait dire. La rouquine entrouvrit la bouche, mais pas un son ne sortit de ses lèvres, les mots étaient restés coincés dans la gorge. La jeune femme regardait Marloes comme si elle avait voulu qu'elle lise dans ses yeux, parce qu'elle se sentait incapable de répondre à cette question, incapable de répondre honnêtement, franchement et en toute sincérité de manière simple. Un être fait que d'illusions et de mensonges. Et Marloes reprit.

▬ Cela vous intéresse-t-il vraiment, madame ?
▬ Oui, évidemment que oui. Sinon, je ne te poserais pas autant de questions, sinon, je ne tenterais pas à faire de toi une femme plus ouverte. Une femme qui chante admirablement bien.

Carmen exagérait peut être un peu. Peut être parlait-elle plus pour elle que pour la blonde face à elle, peut être se réconfortait-elle. Peut être. Peut être aussi, non. Il était sûr que Carmen enviait férocement Marloes, à en mourir. Elle, si jeune.



MessageSujet: Re: young and beautiful (+CARMEN) Jeu 9 Mai - 1:49


❝YOUNG AND BEAUTIFUL
Ça ne menait à rien.
C’était ridicule, tout bonnement.
Qu’avait-elle ? Pourquoi s’obstinait-elle à agir ainsi ? Si indigne d’une professeur, d’une adulte. Comment pouvait-elle oser la toucher, de façon si familière. Tout cela dépassait Marloes. Elle n’aimait pas ça, c’était ce qui faisait sa faiblesse. L’inconnu et l’imprévu avaient ce pouvoir tant redouté de pouvoir l’ébranler, de pouvoir la mettre à mal. Fissurer un peu plus le masque, le faire glisser de trop. Hors de question, donc. Alors elle devait se méfier d’elle, cette sale impression que Carmen savait. Qu’elle savait que tout ça était faux. Qu’elle n’était ni forte ni parfaite. Juste un putain de mensonge dégoulinant de haine et de mépris. Rien de plus, absolument. Et qu’au final, elle n’était pas vraiment quelqu’un, sans réelle ambition, sans réelle envie.

Voilà ce qui lui manquait.
La haine n’était qu’une façon de combler le vide. Un manque qui ne devrait pas exister, elle qui avait toujours eut ce qu’elle voulait, toujours. C’était peut-être ça le problème, peut-être pas. Trop, c’était comme pas assez, après tout. Et il était plus facile de haïr que d’accepter la jalousie, et tous les autres sentiments qui pouvaient l’assaillir lorsqu’elle posait le regard sur eux, sur elle. A ses yeux, la haine était un tout, suffisant pour la satisfaire. Ou pour qu’elle le pense, du moins.

Elle croisa son regard, haussa les sourcils. Qu’est-ce qu’elle attendait d’elle, hein ? Et pourquoi la regarder de la sorte ? Quoi qu’elle ait comme idée derrière la tête, il ne fallait rien attendre de Marloes. Elle n’était pas bonne à grand-chose, si ce n’est cracher sur le monde, perchée sur ses hauts talons. Vaine et sans réel avenir, au final. S’étouffer avec l’argent de papa, pourquoi pas. Après tout, elle-même ne savait pas ce qu’elle voulait faire. Oh si, peut-être diriger une entreprise. Mais de quoi ? Où ? Là était la question. L’ambition était étouffée par le mépris.

Puis, elle n’avait pas de réponse.
Juste ce regard qui la fixait, lui faisant oublier momentanément que cette femme la touchait. Sauf que sa voix, finalement, le lui rappela. Et sans qu’elle ne puisse s’en empêcher, un rire acide quitta ses lèvres entrouvertes, agita sa mâchoire jusque-là trop crispée.

Ouvertement, elle riait des paroles de cette femme au-dessus d’elle.
Ouvertement, elle écrasait la gentillesse probable de Carmen. Parce qu’elle était stupide, Marloes, avec ce rire dégueulasse et impoli. Elle ne savait pas se comporter avec les gens autrement qu’en étant affreuse. C’était ce qu’elle faisait de mieux, après tout.

« Vous ne devriez pas. » Le rire avait cessé, finalement.

Et la blonde finit par agir, fatiguée d’être figée, troublée par cette femme-là. Un pas en arrière, ses mains sur ses épaules pour lui faire lâcher prise. Sans succès peut-être.

« Pourquoi est-ce que vous ne me lâchez pas ? Et si quelqu’un nous voyait, que feriez-vous ? »

Marloes, elle ne savait pas si elle s’en fichait. Mais il y avait tant de choses qu’un esprit faible comme celui des créatures qui rampaient dans les couloirs de cet endroit pouvait imaginer. Trop de choses. Une raison de plus de les haïr. Marloes détestait qu’on se moque d’elle, au fond. C’était trop souvent arrivé. Toujours la faute des autres.

« Qu’est-ce que cela vous apporterait, de toute façon ? »

Parce que personne ne faisait jamais rien sans raison, voyons ! Comment pouvait-elle penser le contraire, elle qui se méfiait de trop de monde, au final ?

« Et vous alors ? C’est quoi votre problème ? »

Un écart de plus. Mais la professeur avait commencé, alors elle se permettait. Feignant l’intérêt. Peut-être pas tant que ça, qui sait ?
MessageSujet: Re: young and beautiful (+CARMEN) Jeu 9 Mai - 21:45




Elle attendait. Elle attendait une réponse, une phrase, un mot de sa part. Elle la regardait, impuissante. Elle aurait voulu l'avoir retenu, l'avoir accompagné, l'avoir aidé, l'avoir stoppé. Mais non, et maintenant Marloes se retrouvait là, ravagée par des écorchures, des entailles. Invisibles, mais présentes.

▬ Pourquoi est-ce que vous ne me lâchez pas ? Et si quelqu’un nous voyait, que feriez-vous ?
▬ Qu'est ce que ca changerait ? Je n'ai pas pour habitude d'abuser de mes élèves, mademoiselle.

Carmen rit doucement.
Carmen était l'exact contraire de Marloes. Elle resplendissait, « brillait » comme l'avait si bien dit maintes hommes. Elle puait la lumière et le céleste, ses cheveux représentant le feu que Prométhée avait volé au dieux de l'Olympe pour donner de l'espoir aux Hommes. Carmen visait la perfection quand Marloes broyait du noir. Elle était la pureté et la perfection incarnée. Elle fixait de ses yeux bleus les lèvres qui prononçaient ces paroles acerbes. Ces mots froids et irréprochablement méchants.

▬ Et vous alors ? C’est quoi votre problème ?
▬ Vous n'avez pas répondu à ma question.

La rouquine avait sourit. Effectivement, elle avait que très rarement tort (pour ne pas dire jamais). Mais ces pensées, elle les gardait pour elle. Une demoiselle devait savoir se montrer modeste. Dans son cas, Carmen était à la base pas très vantardise, mais elle aimait quand on lui s'intéressait à elle. De plus que notre jeune femme avait une fierté hors du commun. Mais à l'instant précis, elle se contentait d'un simple sourire, ni trop niais ni trop timide. Elle regardait la demoiselle, assise en face d'elle, qui avait aussi l'air amusé des mots qu'elle venait de prononcer. Cette situation, bien qu'anodine, aurait pu laisser croire que ces deux êtres se connaissaient depuis si longtemps... Pourtant, ils ne se connaissaient pas plus que ça. A chaque rencontre, ils n'arrivaient jamais à se cerner et c'était tout ce mystère qui intriguait Carmen intensément. Cette fille était énigmatique, mais aussi à la fois simple. En tout cas quand ils étaient ensemble elle semblait calme et posée, bien sûr elle entendait les bruits comme quoi Marloes était une élève trop sauvage, trop imprévisible, mais en sa compagnie la jeune demoiselle était on-ne-peut-plus calme. Et Carmen se fichait des on-dit, elle jugeait que ce qu'elle voyait.

▬ Mais ai-je l'air d'avoir un problème ?

Elle sourit à nouveau, papillonnant du regard.
Le geste vif, elle faisait alors une légère pirouette.
Hm ? Carmen avait un problème ?



MessageSujet: Re: young and beautiful (+CARMEN) Sam 11 Mai - 23:59


❝YOUNG AND BEAUTIFUL
Les habitudes sont faites pour être changées.
C’était pour cela qu’on les nommait ainsi, non ?
De plus, ce n’était pas la question. Elle s’en fichait bien de ses habitudes, Marloes. Tout ce qu’elle voulait savoir, c’était pourquoi elle agissait ainsi, outrepassant ses droits en tant que professeur. Encore et toujours, la blonde était persuadée que cette femme n’avait pas le droit de faire ça. La toucher sans permission, la prendre dans ses bras comme si elle avait la moindre importance. Intérieurement, elle avait l’impression de se répéter, mais c’était bel et bien toujours la même indignation qui gonflait sa poitrine et l’agaçait profondément.

Si elle avait bien le droit de rire, elle ne permettrait pas que Carmen en fasse de même. Pourtant, c’était ce qu’elle venait de faire, et Marloes ne savait pas quoi faire. C’était trop con, hein, mais c’était ainsi. Rageant intérieurement, elle était prise au dépourvu. Car mine de rien, une altercation avec un adulte n’était pas une bonne idée ici. Peu attachée à son groupe, elle nourrissait malgré tout un semblant de fierté qui faisait qu’elle ne voulait surtout pas perdre des points. Trop de choses à se reprocher pour donner cette chance aux autres.

« Cela changerait que vos chers élèves pourraient vous penser bien moins parfaite que vous semblez l’être. »

Cela se ressentait. Carmen était si belle, si délicate. Toujours cette allure pleine de charisme et d’élégance. Comment ne pas fantasmera une Carmen parfaite, hm ? Marloes n’était surement pas de cela, et pourtant, c’était ce qu’elle ressentait en cours, lorsque depuis son bureau, elle les observait à la façon d’une reine flamboyante. Ça la dérangeait, d’ailleurs, ce genre de constat. Peut-être qu’il y avait un peu de jalousie dans tout cela, aussi. Pas question de l’avouer, comme toujours. Elle ne faisait décidemment pas dans l’originalité.

« Vous non plus. »

Bornée, la petite.
Trop pour son propre bien.
Mais Marloes n’aimait pas qu’on ne réponde pas à ses questions. D’autant plus qu’elle ne se rappelait pas avoir ignoré l’une des siennes. Ou alors, sans le faire exprès. Voyons, elle n’oserait nullement faire une telle chose, sciemment.

Et pourquoi ce sourire, encore ? Pourquoi s’obstinait-elle à être là, et non pas s’en aller. Les gens le faisaient si bien. Marloes aimait bien cela, les voir partir et ne plus avoir à les affronter. Non pas parce qu’elle avait peur d’eux, non. Quelle ineptie ! Simplement, user de sa salive la dérangeait au plus haut point. Alors non. Ce sourire n’avait pas de sens. Tout ça était insensé et stupide, voilà tout. Un pas de plus en arrière, un bras ramené sous sa poitrine, saisissant son autre bras. Un geste un peu nerveux peut-être, qui avait échappé à sa propre vigilance.

« Il semblerait bien. »

Même si des deux, c’était plutôt elle qui avait un problème. Ou du moins, qui s’en créait toute seule, incapable de vivre sans cela, semblerait-il.

« Et je ne vois pas de quelle question vous parlez. Je n’ai aucun problème. A moins que le fait de haïr les. Gens en soit un. »

Elle en a dit trop. Mais peut-être qu’ainsi, elle lui ficherait la paix. Était-ce trop demandé, vraiment ? Allons, pourquoi était-elle toujours là, cette femme trop agitée, trop pétillante. N’avait-elle pas quelqu’un d’autre à agacer ? Qui plus est, toute son expression corporelle et facile montrait clairement qu’elle ne voulait pas de cette confrontation avec ce qu’elle ne serait jamais. Alors. Pourquoi ?


Spoiler:
 
MessageSujet: Re: young and beautiful (+CARMEN) Dim 12 Mai - 15:05




Elle se tenait donc là, devant Marloes, faible. Carmen entendait la bègue sourire, rire. Mais elle ne réagissait pas, pensant que ce serait probablement mieux pour eux deux. Pour Marloes, car elle devait en avoir besoin, pour Carmen, car elle devait garder son sang-froid, ne pas réagir trop brusquement. Elle ne savait pas trop quoi faire. Attendez. Pour la première fois, Carmen ne savait pas. Elle voyait Marloes bouger, remuer, avoir des spasmes, esquisser des bruits, se tordre dans tous les sens. Vu de l'arrière ça pouvait faire un minimum peur. La rouquine fixait attentivement son élève, la laissant se calmer seule. Ses mirettes s'écarquillaient de seconde en seconde, voyant les réactions du bègue. Dire que tout ça avant commencé alors que Carmen souhaitait qu'elle s'ouvre aux autres. Qu'avait-elle fait ?

La femme devait à présent agir spontanément et ne pas réfléchir à ses actes. Quand Carmen était avec Marloes, des fois, très rarement bien sûr mais quand même, elle agissait de manière instinctive. Avec la plupart des gens elle faisait attention à ce qu'elle faisait. Mais avec elle c'était différent. Elle l'obligeait ,sans pour autant le faire explicitement, à toujours devoir procéder autrement.

▬ C'est un problème, Miss Lisbon. On ne peut pas vivre longtemps avec si peu d'amour pour l'humanité. Jusqu'à présent, je ne vous ai pas vu avoir une conversation avec un seul étudiant, sans que cela ne commence avec des piques et se termine de la même manière.

Plus le temps passe, plus elle est différente. Avec Marloes, Carmen n'était jamais la même. Cet instant n'échappait pas à la règle. Mais cette fois on pouvait dire que ça la dépassait un peu. Depuis le début elle faisait tout pour ne pas montrer le dégoût qu'elle pouvait éprouver. Pas envers Marloes, mais envers les monstruosités que la jeune fille pouvait avoir à l'esprit. À son époque, voyez-vous, les jeunes femmes étaient plus vivaces. Plus vivantes. Plus agréables. Moins revêches comme des bonnes femmes de soixante ans.

▬ Je n'ai pas particulièrement de problème pour ma part, hormis les problèmes que les femmes rencontrent à un certain âge.

Et Carmen rit légèrement, la vilaine menteuse.
Mais on ne pouvait pas savoir que Carmen mentait, crachait sa joie alors qu'il en était tout autre.


MessageSujet: Re: young and beautiful (+CARMEN) Jeu 16 Mai - 19:58


❝YOUNG AND BEAUTIFUL
Un problème ? Elle ne voyait pas en quoi, et surtout, refusait de le voir. En quoi cela pouvait-il être un problème, sincèrement. Elle n’avait aucune affection pour les gens l’entourant. Était-ce si grave, vraiment ? Jamais elle n’avait envisagé la chose ainsi. Un concept qui la dépassait totalement, à vrai dire. Au fond de ses tripes, elle savait juste qu’elle ne les aimait pas. Trop bruyants, trop agités. Fréquenter des gens et accepter leur présence, c’était devoir être touchée et les toucher en retour, peut-être. Faire des choix qui ne l’intéressaient pas. Parfait exemple de petite fille gâtée qui ne prenait que ce qui l’intéressait. Et les gens, eux, n’en faisaient nullement partie, quoi qu’il arrive.

Cependant, toujours, ce n’était pas ça qui la rendait si perplexe.
Non, c’était Carmen, si vivante, si convaincue. Carment si tenace face à elle.
Agacée et intriguée à la fois, une pointe d’amusement par-dessus tout ça, elle avait du mal à comprendre pourquoi. Ce que cela pouvait lui apporter. Alléger sa conscience ? Mais à propos de quoi ? Avait-elle besoin de faire une bonne action dans la journée, aider une pauvre idiote, pour se sentir bien dans sa peau ? Oh, comme si elle avait besoin de ça. Voyons, Carmen semblait si parfaite, si bien dans sa peau. Sûre d’elle ! Toujours ces sourires rieurs, cette voix si vivante.

« Pourtant, je ne me trouve pas malheureuse. » Un simple haussement d’épaules. « Pas de disputes ni de mensonges à inventer, par de prises de tête. Celui qui a un jour dit que les autres sont nécessaires était un imbécile. » Et celle qui affirmait le contraire était pire encore.

Et maintenant, elle s’interrogeait. A quel point supporterait-elle son discours, son attitude si froide et pourtant si facilement mise à mal ? Marloes n’avait rien d’une personne intouchable. Elle tentait juste de s’en donner l’air, et surtout, de s’en convaincre. Car une fois convaincue de tout ça, pourquoi se soucier du reste ?

« Dans ce cas, vous semblez aimer perdre votre temps. » Marloes détestait ça, elle. Et, incapable de se mettre à la place des autres, elle ne comprenait pas.

Une mèche remise derrière son oreille, encore. Son regard qui quitte la femme, pour se retrouver dehors, apercevant son reflet sur la fenêtre. Avant de revenir sur elle. Étrangement, l’envie de fuir s’était envolée. Maintenant, elle voulait satisfaire sa curiosité.

« Pourquoi serait-ce important d’avoir un quelconque amour pour qui que ce soit ? Vous aimez les gens, vous ? » Elle était curieuse de sa réponse. « Ça n’en vaut pas la peine, n’est-ce pas ? » La blonde en était persuadée, voyez-vous.


Spoiler:
 
MessageSujet: Re: young and beautiful (+CARMEN) Sam 18 Mai - 22:09




Carmen n’avait dû que rarement faire face à des situations qui lui échappaient totalement, mais là elle était forcée de constater que c’était souvent le cas et que, comme à chaque fois, elle ne savait pas quoi faire. Ni quoi dire, et c’était certainement ça le pire. Que pouvait-elle répondre à cette jeune fille entièrement habillée d’un noir corbeau ? La vérité, la vérité, ah – mais elle ne serait jamais aussi horrible que ce qui se déroulait à l’instant, jamais, non jamais. En fait si elle avait pu expliquer la vérité dès le départ, ça n’aurait pas terminé comme ça, cette demoiselle en face d'elle l’aurait probablement tuée d’être une femme faussement parfaite (sauf que ça elle ne le savait pas et, surtout, elle était incapable de le deviner toute seule). « Elle a un peu raison » était l’explication au pourquoi s’acharnait-elle ainsi sur elle, et non « elle est maladivement jalouse » ah, ça semblait impossible. On parlait d’une petite fille innocente. Et que Carmen souhaitait protéger. Sauf que, visiblement, la femme était prête à la heurter pour ça.

Mais dans le fond, elle était épuisée de devoir se battre pour lui faire encore plus de mal. Alors elle baissa la tête. Elle eut un sourire nerveux, relevant enfin les yeux, elle s’effaça très vite sous le regard perçant et terrible d’accusations de son interlocutrice. Encore une fois elle ne savait pas quoi faire et la situation lui échappait totalement. Tout était encore de sa faute – elle n’avait pas fait exprès, elle n’avait jamais voulu que les choses se passent comme ça. Elle aurait voulu que Marloes comprenne la chose. Que tout ne lui était pas dû, surtout si elle prenait autant la grosse tête. Tout le monde n'était pas imbécile. Evidemment pas.

▬ Peut être comprendrez-vous un jour ce que je cherche à vous faire comprendre. Peut être que vous n'aurez pas besoin de toucher le fond pour que ce soit le cas.

Oh si, elle l'espérait.
Un petit peu, dans le fond. Comme une étincelle dans le coeur.
Elle ne pouvait rien répondre à ça, ni à quoi que ce soit d’autre. Elle n’avait rien à dire, Carmen, elle ne parlait pas très bien. Elle ne pouvait pas se défendre. Tout était de sa faute – même si elle n’avait rien demandé. Et même si elle devait hurler sa vérité, sa voix lui faisait trop mal telle une lame de rasoir qui lacérait sa gorge. Elle rouvrait les lèvres, pour poursuivre qu’il n’en était rien, aucun son ne sortirait. Carmen n’avait jamais su parler quand elle devait dire les choses – elle se perdait dans sa propre existence, au fin fond même de ses cordes vocales. Elle n’avait rien à dire, Carmen, pas à Marloes, qui maniait les mots comme d'un bouclier. Qui ne souhaitait se rapprocher de personne. Alors elle regarda le cadran de l'horloge avant de sortir de la pièce, un dernier sourire à Marloes.

▬ J'aime les gens de manière générale, mais pas tous.
Et elle s'esquivait.


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