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LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE

MessageSujet: LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE Jeu 9 Mai - 23:45




SOME NIGHTS
I stay up cashing in my bad luck

Il y avait un endroit où Precious aimait se rendre, parfois, car elle mettait son corps terriblement en valeur, et rendait la chasse plus aisée – les hommes ne sont pas différents des femmes, et ils baissaient considérablement leur garde quand ils se trouvaient face à son corps sublimé. C’était, vous vous en doutez sûrement, les sources. Et, se sentant particulièrement en forme ce jour-là, c’était d’un pas vif et le sourire aux lèvres que le Precious s’y était rendu, en pleine forme. De ses doigts métis, Precious effleura le carrelage des bains. Elle n’avait pas besoin d’être dans cette pièce pour être sublime - la beauté du corps est un outil bien utile dans toute tentative de manipulation – mais elle avait besoin de réfléchir un peu à ce qu’il s’y était passé. Elle se déshabillait, Precious. Rapidement, sans honte. Après tout, il était rare que quelqu'un ne traine par là.

Et elle partit, par la porte, nue. Qui la blâmerait ? Elle montrait juste sa beauté à tous ; Precious n’était pas pudique. Et elle trouverait bien quelque chose à se mettre sur son chemin. Elle se fichait de sa nudité, ce n’était rien ça par rapport à l’image d’un bébé qu’elle tenait délicatement dans ses bras. Et elle reposa encore sa main sur son ventre en marchant. Rien qu’une lueur d’espoir, une bougie allumée dans le noir.

Un sourire carnassier étira les lèvres de la femme, quand, enfin arrivée dans les bains – elle sentit un certain nombre de regards posés sur elle. Lentement, elle ralentit, bombant la poitrine, paradant sur les bords, cherchant dans l’eau quelle serait la meilleure des places, et probablement, son compagnon d'infortune, son quatre heure, son amusement. Rien de bien intéressant. Elle prit donc place loin des regards lubriques, avec une souplesse et un sex appeal déroutant. Sans le moindre remous, elle pénétra dans l’eau.
Ah, Precious.

▬ Hmm ~.

Precious était presque normale lorsqu'elle se trouvait ici.
Presque, si elle était n'était justement pas Precious.
Et elle plaça une main à nouveau sur son ventre, pensive.

MessageSujet: Re: LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE Sam 11 Mai - 6:46

Les trous noirs dans ma mémoire.

"Un bon bain chaud."

Aria n'aimait pas spécialement les sources chaudes. Certes, un bain chaud était toujours agréable, mais elle gardait une certaine pudeur qui l'empêchait d'apprécier les biens faits de l'eau quand il y avait déjà du monde. En plus chez elle, elle avait une baignoire. Mais là, c'était un cas de force majeur: sa baignoire avait des soucis et le plombier ne pourrait venir que le lendemain. Et vu la journée bien pourri qu'elle venait de passer, un bain brulant était de mise, sinon elle allait tout casser.

C'était donc avec un soupir qu'elle se rendit dans les jardins, suivant le chemin des sources chaudes. Elle s'inscrivit à l'accueil puis alla dans les vestiaires, se déshabillant lentement, retardant un peu l'échéance. Elle enfila une serviette autour de son corps nu, et releva ses cheveux en chignon au-dessus de sa tête. Elle respira à fond, puis entra dans la salle des bains.

Bon, elle devait avouer que la décoration était quand même très jolie, et que les bains avaient l'air extrêmement agréable. Il y avait quelques personnes, mais seulement un coin un peu à l'écart... Déjà occupé par Precious. Et meeeeerde. Aria prit le temps de réfléchir. Se mêler aux autres ou s'assoir à coté de Precious ? Le dilemme était difficile à trancher, mais elle n'allait quand même pas rester là debout pendant cent sept ans. Avec un soupir, la surveillante finit par bouger et se dirigea vers là où se trouvait l'infirmière.


- Bonsoir.

C'est pas parce que cette saleté d'infirmière était un vrai dragon qu'elle allait oublier les bases de la politesse, non mais. Aria entra doucement dans l'eau, ni trop loin, ni trop près de cette personne qu'elle détestait, et une fois son corps immergé, retira sa serviette pour la poser au bord du bassin. Elle s'installa confortablement, fermant les yeux et cherchant à se détendre.



Spoiler:
 
MessageSujet: Re: LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE Sam 11 Mai - 11:26




SOME NIGHTS
I stay up cashing in my bad luck

Aria avait longtemps été un mystère, pour Precious. Elle ne croyait pas à la folie : tous les comportements devaient être logiques, rationnels, adaptés. Mais cette demi ratée était vraiment névrosée, Precious avait du s’y faire. Elle aurait du s’en douter la voyant arrivée - son sourire – c’était celui d’une folle, d’une personne socialement inadaptée qu’il ne fallait pas chercher à comprendre. Au fil du temps passé à l’observer. Alors, elle avait commencé à la mépriser, à l’utiliser comme un de ces jouets dont elle s’était lassée. Aria était un rebut, mais parfois, les rebuts sont les sources de grand amusement.

▬ ...

Sa main, vive comme un serpent prêt à mordre, se plaça sous l'eau pour prendre appuie. D’une caresse rapide, elle savoura le contact froid du fond – quelle délicieuse punition que celle-ci – et leva une jambe, le membre hors du liquide. Elle était bien plus proche de la surveillante, maintenant, et aurait presque souhaité que ce soit quelqu’un d’autre. Comme il aurait pu éloigner sa frustration, l’espace d’une seconde, d’une heure ou d’une nuit; Les bains devaient la rendre superbe, et à la place, elle n’avait droit qu’à cette pâle copie aux seins grotesques. Cette femme que certains pourraient trouver belle, que Precious ne pouvait que mépriser. Aria n'avait rien d'enviable. Elle se comportait encore comme une enfant. Rien qu'à voir sa serviette encore serrée tout contre elle.

▬ À presque trente ans, tu te trimballes encore avec tes complexes, Falco ?

Sa voix, grave, grondait comme un tonnerre. Elle annonçait la tempête. Emprunte d'un rire moqueur. Doucement, très doucement, presque affectueusement, elle caressa ses propres lèvres, comme contente de sa réplique, toujours plus proche de la folle sirène. Precious pouvait se montrer rassurante, parfois, quand elle le désirait. Mais ce qu’elle faisait là n’avait rien de réconfortant : c’était effrayant. La première erreur d'Aria avait été d'aller à sa rencontre. Une personne normale en serait ressortie apeurée, même un peu. Quoiqu'il en soit, elle se désintéressa presque aussitôt de la surveillante, retournant dans une attitude pensive.

MessageSujet: Re: LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE Sam 11 Mai - 13:16

Les trous noirs dans ma mémoire.

"Ferme la..."

Aria soupira d'aise en sentant l'eau chaude contre sa peau. Bon sang ce que c'était agréable. La vapeur l'entourait d'un hâle pâle, et la chaleur détendait ses muscles un par un, lui donnant l'impression d'être sur un petit nuage. Tout aurait été parfait... Si cette vipère ne lui avait pas adressé la parole. Bon sang, elle peut pas lui foutre la paix deux minutes ? La surveillante ouvrit un oeil, son visage ne reflétait rien de ses pensées, mais son regard fusilla la jeune femme non loin d'elle.

- Chère vipère que vous êtes, sachez que je ne me traine pas avec mes complexes, j'ai juste un minimum de pudeur. Tout le monde ne joue pas les filles de rues en se baladant nu comme vous...

Ah, elle pensait l'impressioner avec ses airs de dominatrice SM ? Quelle blague ! C'était surtout un dragon, un être profondément mauvais qui ne trouvait du plaisir qu'en faisant du mal aux autres. Aria n'avait pas peur de ce genre de personne, ce n'était pas pour rien qu'on l'appelait "le chevalier en armure". En tant que chevalier, elle combattait les dragons, alors si l'infirmière, aussi belle qu'elle était, voulait la guerre, elle aurait un adversaire à sa hauteur...



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MessageSujet: Re: LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE Sam 11 Mai - 22:59




SOME NIGHTS
I stay up cashing in my bad luck

Les sources chaudes étaient le palais de Precious. Elle était loin de s'imaginer régner sur quoi que ce soit - la réflexion sur le pouvoir était quelque chose de bien trop complexe pour elle. Et trop ennuyeuse, aussi. Discuter que des traités et s'emparer de la place capitale, quel intérêt y avait-elle ? Un tyran prenait le pouvoir par la force et l'imposait par la terreur. La couronne et le sceptre lui étaient inutiles : voir l'angoisse germer dans les yeux de ses sujets captifs lui était bien suffisant. Le pouvoir, elle le voulait immédiat, et profitable uniquement à elle; elle n'avait pas besoin de système, d'armée, de lois, de couronnement. Il lui suffisait de se dire tyran, et de brandir ses armes blanches, et tout le monde s'agenouillait devant la grande Precious. Alors elle barbotait dans l'eau, pensive, vivant de nombreuses et glorieuses batailles. Precious deviendrait le Tyran de Falcone. Probablement la version féminine de Mr Byron, avec plus de ses appeal. Precious fermait les yeux, puis les rouvrait. Jetant un regard las à Aria.

▬ Tu m'en diras tant.

Elle était bien stupide, Aria.
C'était très difficile, d'être un tyran et d'assouvir ses pulsions éphémères et répétitives. Precious était une bête. Celles qui paressaient au soleil, repues, et qui laceraient des proies dès qu'elles ne se sentaient pas entièrement satisfaites. Oh oui, elle était bien stupide la miss Falco, à la suivre partout, tel un petit toutou à sa mémère, à lui chercher les poux. Elle était bien stupide à tenter de briller devant Precious, de tenter d'avoir le dernier mot. De tenter de chercher la guerre, quand Precious n'avait pas encore pris les armes. Elle ne faisait que prendre son bain, pensive.

▬ Cela dit, ca doit être moche d'être une simple surveillante, pour le restant de sa vie, sans amants, sans famille, san rien. Juste de simples cons à surveiller. Tu t'ennuies pas trop, nan ? Apparemment si.

Precious était quelqu'un de vulgaire. Et qu'Aria ne le lui fasse jamais remarquer, cela la vexait terriblement.

MessageSujet: Re: LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE Dim 12 Mai - 8:26

Les trous noirs dans ma mémoire.

"Si tu savais comme je te hais."

Aria sentait qu'elle allait craquer et noyer l'infirmière. C'est vrai quoi, elle ne s'arrêtait jamais de critiquer ? Comment faisait-elle pour être méchante constamment comme ça ? La surveillante, qui n'était pourtant pas une très grande adepte de la religion, commençait à se demander si les démons n'existaient pas vraiment, et se mêlaient à la foule pour détruire la vie des humains. Mais voilà, il en fallait bien plus pour détruire la brune. Tout ce que Precious risquait, c'est de finir la tête éclatée contre le bord du bain, à force d'énerver la jeune femme. De la peur ? Non jamais. Pourquoi avoir peur d'une personne qui s'amuse à détruire les autres, qui ne semble avoir que ça comme seul plaisir, et dont le coeur est si noir que ça en gâche sa beauté naturelle. La surveillante n'ouvrit donc même pas les yeux pour répliquer.

- Vos insultes ne me touchent absolument pas, je ne me sens pas concernée par cette description.

Et évidemment qu'elle ne se sentait pas concernée ! Elle avait des parents et un petit frère aimants, des amis peu nombreux mais qui étaient formidable, les élèves n'étaient pas tous des abrutis, certains étaient même sympathiques. Certes, ses amants, ou plutôt amantes, se faisaient rare ces derniers temps, mais si elle prenait le temps de sortir, elle avait quand même des chances de se trouver quelqu'un pour la nuit ou quelques temps.

- C'est marrant... Sans famille, sans amis, sans amants... Cette description va à ravir à une femme détestée de tous comme vous, qui ne doit trouver son plaisir qu'avec des hommes sans cervelle qui ne regardent que vos seins, et partent sans un mot au matin...


Oui, Aria la traitait plus ou moins de prostituée, mais au bout d'un moment, elle l'avait cherché...



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Invité
MessageSujet: Re: LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE Dim 12 Mai - 15:29




On s'arrête là ou bien ?

Fatigue intégrale.
Depuis la sortie au Colisée, Liam se fait petit. Petit dans le sens où il évite de passer par certains couloirs, ne voulant pas croiser quelques personnes qui pouvaient nuire à sa santé mental. Déjà à cran, il songeait à la possibilité de changer la facette des Appeso. Car oui, malheureusement, ces élèves sont trop ... Des lapins aux milieux des voraces. Alors que les appeso sont représentés par le cerf. Un animal plutôt noble et souvent bien vu par d'autres personnes.
Sauf par les chasseurs.

Aux yeux des chasseurs, le cerf n'est qu'un gibier parmi tant d'autres. Et c'est exactement ce que ses élèves sont aux yeux de leur camarade ; de simples gibiers. Et les gibiers, à force d'être chassés, vont tout simplement être en voie d'extinction. Là, tout de suite, qu'est-ce qu'il devrait faire, pour arranger les choses et permettre à ses élèves une chance de s'en tirer sans trop de casses.
Abdiquer/céder ?
Plutôt crever.

« Cela dit, ça doit être moche d'être une simple surveillante, pour le restant de sa vie, sans amants, sans famille, sans rien. Juste de simples cons à surveiller. Tu t'ennuies pas trop, nan ? Apparemment si. »

C'était sans doute la seule chose qu'il aurait aimé entendre de la journée. Cette voix qui lui donnait directement envie de strangulation, sur qui ? Il ne sait pas quoi encore, mais encore une fois ; ne pas céder à l'envie de tout faire sauter. M'fin, ce n'était pas pour Precious que Liam ôtait son haut, juste pour l'envie de profiter de cet endroit bienveillant et relaxant pour mieux réfléchir à ce qu'il doit faire, en tant que prof.

« ... Cette description va à ravir à une femme détestée de tous comme vous, qui ne doit trouver son plaisir qu'avec des hommes sans cervelle qui ne regardent que vos seins, et partent sans un mot au matin... »

Par contre, cette voix là, il pouvait bel et bien la reconnaître sans tiquer. C'était celle qui s'est jurée de protéger les faibles et j'en passe. Pour l'instant, elle n'a pas fait grand chose. Quand bien même, actuellement, Liam n'était pas l'exemple de la patience et de la tolérance. Pour une fois, sa croix n'ornait pas son cou et le nom de dieu n'était pas dans sa tête. Il voulait juste évacuer sa colère.

Et il s'approche, à moitié dévêtu. La vue de deux jeunes femmes presque sans rien ? Il ne réagissait même pas. L'une est une lesbienne et l'autre, c'était tout simplement Precious. Qui plus est, il a beau faire l'abruti, monsieur sait à quoi s'attendre du corps de la femme. Après tout, qui ne sait pas à quoi ressemble des seins, un vagin et un fessier féminin ? Mis à part les enfants, bien évidemment.
Mais ce n'est plus un enfant.

« Frigide, autoritaire et bornée. On peut tout aussi bien chanter tes louanges, Aria. » Non, il n'avait pas envie d'être amical, simplement ce qu'il aurait pu être, si seulement sa mère ne s'était pas occupée de son éducation. « Je ne vois pas l'utilité de vous prendre le bec dans un lieu pareil. C'est un endroit pour se relaxer, pas pour s'insulter de putain. »

Ah oui.
C'est pour ce mot dissimulé que Liam a décidé de lâcher prise. Ce mot, il ne le supportait pas. Que ce soit directement dit ou non, nulle femme ne mérite d'être traitée de catin et quand bien même cette dernière soit la pire garce au monde. Non, être une prostituée n'est pas une honte. Il y a même plus de braves femmes parmi les putes que parmi les riches.

La raison ? Juste le souvenir d'une mère dévouée qui offre son corps à un fermier en échange d'un toit pour la nuit afin d'éviter à son fils d'attraper la crève pour le lendemain, le hantait suffisamment assez pour qu'il se décide à répliquer. Bien entendu, qui peut être au courant de ça ? Personne.
Et tant mieux.

« Mlle Falco, si c'est pour vous disputer, je vous prie de partir. Revoyez vos mots, à l'avenir, vous êtes censées être un exemple pour les élèves. »

Oui, il se déchaînait sur elle.
Pour son bien, notamment. Car à force de chercher Precious, elle allait prendre cher, mais tellement cher que même son ego ne va pas supporter le flot de méchanceté dont est capable l'infirmière. Pire encore, va-t-elle faire perdre des avantages aux appeso, la même connerie que lui, a commis, lors de la sortie ? Non. Il lui évite cette humiliation.
Il est trop gentil.

« En espérant que mes chères collègues ont toutes les deux passées une belle journée. »

Et il se force, encore et encore à sourire comme un joyeux luron.
Qui n'est pas si joyeux que ça, dans le fond.

© Codes par Oxymore.
MessageSujet: Re: LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE Dim 12 Mai - 18:01




SOME NIGHTS
I stay up cashing in my bad luck

L'euphorie explosa entre ses côtes.
Quelle joie – Ô mais quelle joie était-ce soudain qui lui secouait les entrailles dans des tressautements incontrôlables ! Cela faisait si longtemps – non, elle n'arrivait plus à penser ni à extraire le temps de ses rires, mais soudain, c'était comme si elle venait de connaître son tout premier amusement, son tout premier jeu, sa toute première provocation. L'ennui qui avait gonflé ses veines avait laissé sur sa langue une impression amère, alors tout ça, toute cette colère soudain, tout ce revirement théâtral, c'était la douceur la plus sucrée qu'on avait jamais posé sur le coin de ses lèvres. Et ça, Precious adorait.

▬ C'est marrant... Sans famille, sans amis, sans amants... Cette description va à ravir à une femme détestée de tous comme vous, qui ne doit trouver son plaisir qu'avec des hommes sans cervelle qui ne regardent que vos seins, et partent sans un mot au matin...

Alors, elle riait – elle riait !
Elle rit lorsqu'elle remarqua l'iris d'Aria virevoltait de colère, elle rit lorsqu'elle vit son calme s'amoindrir et elle rit aussi lorsque son dos et sa tête cognèrent le sol glacé. C'était douloureux, froid, et désagréable, et ça la brûlait, mais c'était tellement hilarant – euphorique et ravissant ! La joie pulsait à travers moindre de ses souffles alors que ses poumons se vidaient en s'entrechoquant. Elle riait – elle riait, il fallait rire, c'était tellement de joie ainsi, si brutale, si inattendue, c'était tellement d'amusement et pourtant elle avait aimé regarder son corps. Elle avait aimé regarder ce corps, mais rien ne pouvait égaler un acte pareil. Aria était si drôle.

▬ Une femme détestée ? Probablement. Mais une femme qu'on ne peut oublier. Pas comme toi, ma chérie.

Elle disait vrai, Precious.
Elle disait vrai, on ne pouvait parler que d'elle. La teigneuse.
Elle disait vrai alors qu'elle se faisait toute ondine dans l'eau, glissant son visage au creu de ses bras. Et sa bonne humeur s'étendit avec la présence de Liam. Ah Liam, son doux sauveur qui s'attaquait alors à sa chère amie. Voilà qui était surprenant. Sur son visage, la joie courrait. Pourtant, quelques soupirs avant, lorsque l'ennui lui gangrenait l'estomac, ses yeux s'étaient allumés d'une lueur d'intérêt – elle ne pensait pas qu'il lui obéirait autant où, alors, qu'il aurait hésité, hésité avec ses yeux, avec sa bouche, avec ses mains à s'attaquer à l'une de ses seules amies. Peut être avait-il un regret subsistait au fond de sa gorge – ?

▬ Dire que je commençais déjà à regretter mon bain… Rater cette scène m'aurait attristée.

Precious se fit sarcastique. Jouissant de cette scène admirable. Mémorable. Ce sont les individus comme Aria qui font naître des monstres comme Precious. Elle cherchait une espèce de vengeance instinctive.

Elle réfléchissait depuis très longtemps à la manière dont elle allait s'y prendre. Il fallait une histoire extraordinaire que les faibles se chuchoteraient dans le sillage de la grande Precious; Il fallait une légende. Il serait insipide de prendre Aria par les plumes et de la jeter dans le chaos qui règne - bien que cette solution soit très séduisante. Il lui fallait trouver un moyen spectaculaire d'anéantir un cloporte : la facilité était si grande qu'elle devenait le principal obstacle.

▬ J'ai passé une très bonne journée à laisser les petits appesos souffrir, jusqu'à ce que cette eau soit souillée par une enfant.

Elle leva le menton en direction d'Aria. Et Precious se tourna vers Liam, haussant un sourcil. Un sourire carnassier sur les lèvres.

MessageSujet: Re: LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE Lun 13 Mai - 9:34

Les trous noirs dans ma mémoire.

"Tu me déçois... J'ai mal."

Aria allait se défendre. Elle allait répondre d'une remarque cinglante pour rabattre le caquet de cette folle et la faire arrêter de rire. Son rire lui brisait les oreilles, elle avait si mal qu'elle avait envie de la faire taire à jamais... Et même si les mots ne sont pas son fort, elle sait se défendre ! Alors pourquoi ?

Pourquoi Liam était-il venu ? Pourquoi était-il en train de lui dire que c'était de sa faute ? Pourquoi l'accusait-il ? Pourquoi il l'humiliait ainsi ? Parce que oui, ce qu'elle pensait être son meilleur ami était en train de l'humilier devant cette salope d'infirmière, de la descendre plus bas que terre, de lui rappeler tout le mal qu'elle avait subit adolescente dans cette saloperie de pension...


- Ah....C'est comme ça donc...

Tremblant légèrement elle se leva, oubliant qu'elle était nue comme au premier jour, et se mit face à Liam. Puis le coup partit, sans qu'elle puisse y réfléchir, et vint s'écraser sur la mâchoire de celui qu'elle pensait son ami. Des coups, elle lui en avait déjà donner, mais à chaque fois elle retenait sa force. Cette fois, elle n'en fit rien, et y mit au contraire toute sa haine, toute sa colère, toute sa déception...sa tristesse... Si il n'avait rien de cassé, ce serait un petit miracle.

- Puisque tu semble avoir choisi ton camp... Va te faire foutre et ne t'approche plus de moi...

Et sans un mot, sans un regard, elle s'enroula dans sa serviette et quitta le bain. Elle s'habilla en vitesse, oubliant de se sécher, et retourna chez elle, le coeur lourd, les yeux embué de larmes...



Spoiler:
 
Invité
MessageSujet: Re: LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE Lun 13 Mai - 13:34




On s'arrête là ou bien ?

C'était à prévoir.
La gifle était à prévoir. Son geste, était à prévoir et bien entendu ; le fait même qu'elle soit déçue, était à prévoir. Donc, Liam l'attendait, cette baffe. Il ne bougea pas, la regarda et enfin, reçu son dû. Sans plus, ni moins. Même si elle se croit forte et j'en passe, Aria n'en reste pas moins une femme. Une femme qui utilise trop souvent ses poings. Par conséquent, elle ne sait pas comment gifler correctement. ET quand bien même, elle n'était pas la fille d'Hulk.

C'est donc la joue enflammée et le regard on ne peut plus blasé que Liam fit face à Precious. Honnêtement, elle était typiquement le genre de personne qui adorait se délecter du désespoir des autres. Une véritable diablesse, dans le fond. Mais la raison dans tout ça ? Le pourquoi du comment ? Et surtout ; est-ce qu'elle réfléchi aux conséquences de ses choix et de ses actes ?
Non.

« Nous voilà seuls. » Bien qu'encore vêtu de son pantalon, le jeune professeur s'avança pour se mettre dans la même position que son interlocutrice. « Je vais être bref, Mlle Hogan. Vous êtes la plus belle idiote que je n'ai jamais rencontré. »

Et le tout, avec ce même sourire.
Bien sûr, Precious. Que crois-tu, franchement ? Quand une personne passe sa vie dans la misère et la pauvreté, alors elle fait vite usage de sa matière grise, de son savoir-faire. Tu sais, t'es juste l'archétype de la personne qui se surestime, alors que dans le fond, tu fais juste que jouer avec le feu dans le seul et unique but de t'en sortir avec la plus belle cicatrice qui soit.

« Parce que vous voyez ... En tant que professeur principal, je me vois dans l'obligation de faire une rencontre prof/parents. Et c'est là que les parents peuvent voir leur enfant. Mais attendez, j'ai combien d'élèves ... » Ses doigts comptèrent et son visage affichait un pseudo air réfléchi, juste pour bien continuer la scène. « Donc, vous imaginez le nombre de parents que ça fait ? Vous imaginez le nombre de plaintes, que Falcone devra subir ? Est-ce que Cerrucci aura suffisamment d'argents pour les faire taire ? Ou bien... Devra-t-il vous virer pour régler l'affaire ? »

L'infirmière d'une prestigieuse école qui ne veut pas s'occuper des élèves ?! Mais quelle idée d'engager une infirmière aussi peu concernée dans son travail, vraiment, c'est un scandale ! Et si un élève devait attraper une maladie et que cela se transforme en épidémie dans l'école, quels en seront les conséquences ? Tout ça à cause d'une jeune femme qui refuse de soigner tels élèves pour des raisons... Immatures ?! Mais que fait l'éducation nationale, bon sang !

Lui, il s'en foutait.
Il détestait Falcone, il détestait ces riches, ces putains de fils de riches, ces bourgeois, ces abrutis écervelés et encore tant de choses qui habitent entre ces quatre murs. Juste que ces pauvres cons oublient une chose. Que s'ils sont riches, c'est parce qu'il y a des pauvres. Pas de pauvres, pas de riches et vice versa. Donc pas la peine de regarder de haut, pas la peine de les traîner dans la boue. Liam ne prônait pas ça, il ne le prônera jamais.

Donc, n'oublions pas que le petit peuple peut encore user de la presse pour faire couler un magnifique édifice telle que cette école. Des plaintes, des plaintes et des plaintes, est-ce que Cerrucci aurait suffisamment assez d'argents pour faire taire ces parents ? Ou alors, est-ce que les parents vont voir là une occasion grandiose de s'en prendre à une école réputée mondialement et récolter de l'argent dessus ? Car oui, les pauvres sont beaucoup plus voraces que les riches.
Ils ne laissent aucune miettes.
Aucune.

« Si vous croyez que moi, ça me fait plaisir de m'occuper des Veleno... Léon ce fils de chien qui m'a pourri l'existence lorsque j'étais ici, juste envie de le faire dégager. Mais malheureusement, les parents existent, ont le pouvoir de la société et les élèves savent parler. Pas le choix, si on veut rester. » Là, il était on ne peut plus sérieux. On pouvait entendre le dégoût dans ses mots. « C'est pas évident pour toi, d'être subtile dans les coups bas. Parce que la santé, c'est important - TROP important - pour tout le monde. »

Voilà, Precious.
Ce n'était que la réalité des choses, que la seule et unique version du monde moderne. La moindre petite faille peut suffire a briser un rocher, juste lui laisser le temps de prendre de l'ampleur. Si tu croyais être la seule à savoir mordre, si tu pensais que tout le monde avait peur de toi, tu te trompais lourdement. Pire encore si tu as osé sous-estimer Liam, parce qu'un fou agit toujours sans penser aux conséquences qui peuvent lui retomber dessus.

Donc oui, Liam se détestait lorsqu'il devait parler de la sorte, mais est-ce qu'il avait le choix, puisqu'il s'agit tout de même de l'avenir de ses chers et tendres élèves. Ça l'agaçait de ne pas pouvoir s'entendre avec un autre adulte. Si seulement il y en avait, ici.

« Si tu as la haine contre moi, ça retombe sur moi. Point barre. »

© Codes par Oxymore.
MessageSujet: Re: LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE Lun 13 Mai - 16:23




SOME NIGHTS
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Ah, quelle scène !
Ses omoplates rebondissaient sur le dallage de neige lorsqu'elle riait. Elle aurait voulu stopper la chant fou de son rire pour lui répondre, pour lui asséner deux ou trois phrases, pour lui offrir trois ou quatre sourires, pour le défier de son œil, pour arquer un sourcils, pour ce moquer de lui – mais l'euphorie, enivrante, était plus forte. Alors, elle ne se calmerait pas ; alors, elle lui rirai au visage. Elle avait replié ses avants bras sur son ventre – peut-être était-ce pour tenir son abdomen douloureux, ou alors, pour prévenir la violence à venir. Car, Precious n'avait jamais aimé la violence – oh, elle riait, l'insolente ! Elle provoquait, elle chantait au nez de ses bourreaux, mais quand le coup tombait, son chant d'invulnérable mourrait. Pourtant, elle le disait – elle le disait, elle était Precious, et elle était intouchable. Et l'on se s'entretuait autour d'elle sans qu'elle n'y soit pour quelque chose.

Et elle perdait sa compagne de bain. Vite remplacée par son cher Liam.
Ce n'était pas du courage – c'était de la témérité. Elle laissa tomber son regard dans le sien et son regard crépitait d'impatience. Fais-moi rire.

▬ Si vous croyez que moi, ça me fait plaisir de m'occuper des Veleno... Léon ce fils de chien qui m'a pourri l'existence lorsque j'étais ici, juste envie de le faire dégager. Mais malheureusement, les parents existent, ont le pouvoir de la société et les élèves savent parler. Pas le choix, si on veut rester.

Ouch, touché.
Ah, Leon, l'homme admirable.
Un blondinet dont elle avait entendu parler durant ses années à Falcone. Bien trop mature pour s'en occuper, assez pour en avoir entendu parler. Mais les premières années n'étaient pas les plus attirants, dirons-nous. Precious s’étendit, révélant – apparemment involontairement – une partie de son ventre si divinement sculpté, et attrapa une poignée d'eau qu'elle fit s'écouler comme le sable d'un sablier. Precious, elle riait. Riait si fort qu'elle se demandait encore pourtant ses lèvres ne s'étaient pas entr'ouvertes pour laisser réchapper son rire frénétique. Elle se tourna légèrement vers Liam, faisant mine d'une gorge qui se nouait, et une larme, fictive, coula sur sa joue, qu’elle essuya rapidement, une fois sûr que le gamin l’avait vue. Elle renifla un peu, se redressa et déclara finalement. En quelques secondes, Precious avait réussi à paraître sensible. Les gens baissaient toujours leur garde face aux gens sensibles, et elle pressentait que Liam était un gamin curieux. Quelque part, au fond d'elle, elle voulait avoir des questions sur cette larme mystérieuse, sur cette personne qui l'avait guidé. Elle n'existait pas. Mais elle se ferait un plaisir de raconter cette histoire, de s'apitoyer sur un sort pathétique qui n'était pas vraiment le sien, de se mettre le gamin dans la poche... Et de pouvoir commencer les choses sérieuses. Jusqu'à ce que son sourire revienne. Le regard brillant, sarcastique.

▬ Et là, tu as regretté tes paroles durant ce laps de temps en pensant avoir fait du mal à une pauvre femme. Ahah. Pauvre Liam...

Precious disait vrai.
Elle le savait. Elle connaissait parfaitement la réputation de Liam, elle savait parfaitement que s'il s'agissait alors d'une femme enviable, douce et moins directe - elle n'aurait eu aucun mal à le faire tomber entre ses filets. Elle le savait, c'est pourquoi elle souriait fière d'elle. Son corps sembla se détendre, quand ses abdominaux se serraient légèrement, mettant plus en valeur ses courbes féminines. Son visage passa d’impassible à froid et ironique. D’un coup, d’un seul, elle abandonna tout ce qu’elle avait affiché avant – au cas où une proie se présenterait – pour redevenir ce qu’elle était profondément. Precious. Et l’aura dégagée par son corps était si froide qu’elle n’aurait pas été étonné de voir l’eau glacer quand, se glissant au fond de son bain, roucoulante, elle murmura :

▬ Plus sérieusement, pour en revenir à Leon ou encore de tes appesos. Toi et moi savons que les appesos et leur familles n'ont pas leur mot à dire. Leurs pauvres mamans sont bien trop heureuses de se dire qu'ils pourront devenir des gens. Tu penses réellement qu'une pauvre femme cracherait sur l'avenir de son enfant parce que celui n'a pas supporté un pauvre coup mal placé ? Une grippe ?

Un sourire froid aux lèvres, sans jamais faire mine d’aller l’aider, Precious l’observa. Attendant encore une reaction mature de Liam, ah, il était si drôle quand il se mettait dans tous ses états. Elle se surprit à aimer voir sa lutte, la façon dont son torse se gonflait de fierté pour avoir osé répliquer à Precious. Elle apprécia le retour de la couleur sur ses joues, bien trop pâles pour être honnêtes.

▬ Si tu as la haine contre moi, ça retombe sur moi. Point barre.

▬ La haine ? Contre toi ? Tu n'es pas suffisamment agaçant pour ça. À la rigueur tu seras la cause de ma première ride mais pas plus. Pourquoi tu n'irai pas courir après Falco ? Je suis certaine que tu pourrais en profiter, et pourquoi pas prendre en photo son faciès tristounet. Ah ! La pauvre femme rejetée par son meilleur ami. Ahah!

Precious sourit.
Elle était toujours sourire, toujours rire, cette femme.

Invité
MessageSujet: Re: LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE Lun 13 Mai - 21:39




On s'arrête là ou bien ?

Et elle parle, parle.
La rapace.
Comment lui faire comprendre ce que c'est, l'amour maternel ? Elle-même semble ne pas comprendre ce que Liam veut tenter de lui dire, mais tant pis. Si elle veut jouer à ça, très bien. Qui plus est, elle n'avait pas tort sur un point, mais ce qui était agaçant et terriblement chiant ; était le fait qu'on ne peut pas avoir une conversation avec elle.
Jamais.

Donc, lui au moins, il l'écoutait. Et venait tout simplement de trouver une solution à ce merdier. Pas besoin de perdre plus de temps et d'énergie à supporter une femme qui ne veut même pas se donner la peine d'écouter ses collègues, bien trop occupée à se filer le rôle de reine. Alors que les reines, un bon nombre d'entre elles ont finis la tête coupées. Par le peuple, qui plus est.

« ... Vous êtes épuisante, Hogan. Lassante, également. » Elle ne peut pas ou plutôt ; ne veut pas comprendre. Liam au moins, sait de quoi l'amour d'une mère est capable. Mais elle, encore faut-elle que quelqu'un souhaite mettre enceinte une vipère pareille. « Quand vous aurez des enfants et que ces derniers se feront maltraiter comme vous le faites, peut-être que vous comprendriez. Jusque-là, tant pis. »

C'est tout.
Il n'y a rien à rajouter de plus. L'effet même de vouloir faire en sorte qu'elle arrête de se conduire telle une chienne en manque de viande. Sauf que les appeso ne lui serviront plus de viandes, à l'avenir. Qu'elle s'attaque aux faucons, ou aux corbeaux. Qu'elle ose même s'attaquer aux loups, ils sont trop tenaces et trop fidèles à leur chef alpha pour se détourner d'une vulgaire clebs comme elle.

Surtout que le pire dans l'histoire ; croire que sa voix était suffisamment assez élevée pour qu'on daigne l'écouter. Or, elle ne sait pas à quel point Liam peut être poignant. Qu'elle ose se retrouver dans la même pièce que lui, accompagné d'autres adultes, juste pour qu'il souffle la stupidité dont elle fait preuve à ne pas vouloir faire pleinement son travail. Plus le temps passait, plus il voyait ça comme un gros caprice de sa part.
Décevant.

Les insultes fusent dans sa tête, mais les sortir...
Non, plutôt crever.

« Après tout, Falcone est un établissement suffisamment assez grands pour deux infirmières. J'en ferais les suggestions auprès de l'administration. Disant Ô combien vous êtes trop débordées pour vous permettre de vous occuper des Appeso. »

Pauvre petite puce.
T'es trop fatiguée ? La vieillesse ruine tes capacités ? Ne t'en fait pas, tu seras épaulée, on va alléger ton boulot, te donner du temps libre pour que tu puisses te reposer. Oh mais quelle idée ! Pourquoi pas deux infirmières et chacune s'occupent principalement de deux classes ? Bien trouvé, Liam. Sur le coup, c'était sans doute l'idée la plus ingénieuse que tu venais justement d'avoir.
À appliquer.

© Codes par Oxymore.
MessageSujet: Re: LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE Mar 14 Mai - 11:37




SOME NIGHTS
I stay up cashing in my bad luck

C’était délicieusement prévisible, si prévisible que ça ne revêtait plus aucun intérêt. Et pourtant, sur les lèvres de la jeune femme qui, d’habitude, goûtait avec plaisir ce qu’elle attendait, toute cette scène avait un goût de malheur. Tout ça avait un horrible goût de cauchemar, et Precious était aujourd’hui plus perdue encore que jamais, perdue dans sa honte, perdue dans sa haine, perdue dans son incapacité à agir. Pour la première fois depuis son entrée à Falcone, elle était faible. Elle était soumise à quelqu’un, pas de son plein gré. Elle ne pouvait rien faire : ce n’était plus une leadeuse. Terrorisée, acculée, vexée, fragilisée la brune regarda l’autre, l'idiot, actuellement le plus fort des deux, s'en sortir victorieux de cette manche. Ah, Precious, elle faisait bonne figure en riant un peu. Ce devait être un rire chaud, un rire joyeux. Mais c’était tellement froid… Ça la tétanisait, ça la refroidissait au plus profond de ses os.

La tête sous l’eau, elle souriait, comme à son habitude, observant les bulles s’éclater à la surface. La demoiselle se retrouva obligée de remonter à l’air, pour respirer. De la même manière qu’il fallait revenir à la réalité. La réalité était qu’ici, elle n’était pas à son avantage. Dans cette source, malgré sa grandeur, elle était enfermée. Oh, elle pouvait en sortir, mais on pouvait si facilement y rentrer. Elle passa son unique main dans ses cheveux bruns. Ils se plaquaient contre son corps, attiré par la peau humide comme un aimant sur du fer, malgré le fait qu’elle ne cessait de tenter de les détacher. Comme un réflexe enfantin, elle entoura ses jambes de ses bras. Sa nudité ne la mettait pas mal à l’aise. Elle soupira, glissant une main sur son ventre infiniment vide.

▬ Après tout, Falcone est un établissement suffisamment assez grands pour deux infirmières. J'en ferais les suggestions auprès de l'administration. Disant Ô combien vous êtes trop débordées pour vous permettre de vous occuper des Appeso.

C’était ridicule, méprisable, et Precious ne ressentait qu’un dégoût grandissant pour cet être ignoble. Comment pouvait-on se laisser aller à de telles faiblesses en public ? Comment pouvait-on se laisser aller à de telles faiblesses face à son plus terrible ennemi ? Precious aurait préféré crever plutôt que pleurer devant Liam. Elle ne serait pas dégueulasse. Elle voulait la briser encore, elle voulait le voir pathétique, le voir dégueulasse, le voir chialer comme un gosse. Pour pouvoir le mépriser toujours un peu plus. Pour pouvoir s’assurer que ce chien galeux n’était ni plus ni moins qu’un être inférieur qui avait tenté, brièvement, de toucher à son maître.

▬ Vous devriez en effet en parler, j'en ferais de même vous concernant, vous savoir si proche et paternel avec étudiants doit être épuisant, n'est ce pas ? Ce serait une idée pour vous de prendre quelques vacances.

Nouveau sourire, large et franc cette fois. C’était la victoire incarnée dans une expression et, c’est sans aucune hésitation qu’elle se recula, pour finalement sortir du bassin, toujours aussi nue, beaucoup plus loin de Liam. Avant de trouver un lieu plus approprié pour sa paix intérieure. Après de pareils cas, on s'étonnait que la jeune femme soit aussi exténuée en fin de soirée.

Invité
MessageSujet: Re: LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE Sam 18 Mai - 23:19




On s'arrête là ou bien ?

Au moins.
Cette femme a su secouer les puces d'O'Neil. Avec un tel caractère en plus de celui de Léon, qu'à force semblait totalement naturel à force de s'en prendre plein la tronche, Liam ne pouvait pas rester comme ça, sans rien faire. À attendre que ses élèves servent de punching ball aux autres, de simples défouloirs gratuits qui n'attendaient que ça, se faire frapper. Telle est l'utilité des appeso au sein de Falcone.
Mais ça s'arrêtera.

Liam n'a pas l'intention de répéter les mêmes erreurs que ses prédécesseurs. Eux, ils avaient peur, effrayés et dieu seul sait de quoi. Peut-être que l'un d'eux a tenté quelque chose et s'est retrouvé dans une situation plus qu'humiliante et désavantageuse. Connaissant Cerrucci, il ne serait pas surprenant d'apprendre que ce type a enfoncé plus d'un prof depuis qu'il est directeur.

Mais si on doit supporter un tyran, en plus d'un bourgeois et y rajouter une jeune femme exécrable, c'était pas faisable. Liam pouvait prier, il pouvait y croire et tolérer, mais malgré tout ; il restait seulement un simple être humain parmi tant d'autres. Et ça, Precious le savait délibérément, c'est pour ça qu'elle jouait avec ses nerfs, c'est pour ça qu'elle prenait des airs qui lui sied à merveille.
Des airs de garce, qui plus est.

« Vous devriez en effet en parler, j'en ferais de même vous concernant, vous savoir si proche et paternel avec étudiants doit être épuisant, n'est ce pas ? Ce serait une idée pour vous de prendre quelques vacances. »

Et c'est là, que l'illumination lui vint en tête. N'était-il pas pathétique, à vouloir jouer au même jeu qu'elle ? N'était-ce pas pathétique, de déclarer la guerre à une collègue ? Bien sûr que si. Falcone transformait les gens en ce qu'ils sont à la base ; de simples bêtes, prêtes à se sauter à la gorge pour survivre et dévorer la proie juste pour mieux s'attaquer à une autre. La loi du plus fort à toujours régis le monde, l'univers lui-même. Mais quand on se retrouve en plein dedans...
C'est sacrément différent.

Est-ce là la création de dieu ? Lui, qui est croyant, lui qui possède une croix autour de son cou. Pourquoi est-ce que subitement, il avait envie de relâcher son masque humanitaire pour faire face à celle dont le caractère pouvait être comparable à une véritable facette de Lucifer. Et franchement, pas besoin de s'y jeter pour savoir laquelle.

Une facette qui le forçait à dire adieu à ses principes, à ce qu'il croyait juste et fermement. Convaincu par sa noblesse et par ce qu'il a appris auprès de sa mère, depuis que cette dernière n'était plus, Liam se rendait compte que c'était plus compliqué qu'autre chose de rester fidèle à soi-même. Parfois, il avait envie de tout foutre en l'air, de complètement craquer et de péché autant de fois qu'il le voulait.
Ces simples pensées sont la fin d'un esprit saint.

« J'y songe, à ces vacances ... »

Petite once d'égoïsme de sa part.
Mais il était épuisé. Ce lieu l'épuisait, la charge qu'il s'est donné lui-même le tuait à petit feu et il n'était pas assez sadique ou volontaire pour voir ses protégés mordre la poussière gratuitement à cause des autres. Alors oui, si Precious voulait s'acharner pour faire baisser son taux de travail, qu'elle le fasse. Car plus ça allait, plus les confrontations avec elle le rendait plus vieux avant l'âge.
Dommage pour toi, Liam.

« Plus qu'à prier pour que la suite soit moins difficile ... »

Pour ça, tu peux toujours courir.
La jeune femme s'en allait, visiblement, mais lui. Lui ...
Il se laissait tout simplement couler, le temps d'une réflexion approfondie.

[ END ? ]

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LES TROUS NOIRS DANS MA MÉMOIRE

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